Giorgia Meloni : le retour des pleureuses, par Jérôme Leroy

Giorgia Meloni

À chaque fois que l’extrême-droite ou la droite populiste gagne des élections, c’est la grande sortie des drama-queens de l’antifascisme, qui oublient toujours de se rappeler pourquoi la gauche en est là: à cause d’elles.

On rappellera que Giorgia Meloni a été élue démocratiquement. On rappellera que l’extrême-droite est arrivée en Suède démocratiquement. On rappellera qu’Orban en Hongrie se maintient au pouvoir démocratiquement. On rappellera que les 89 députés RN ont gagné leurs circonscriptions démocratiquement. On constatera que ça gagne partout.

On constatera que l’abstention écrasante n’atténue en rien la chose. Ce sont ceux qui se dérangent qui ont raison et dans les élections comme dans la vie, ce sont les absents qui ont toujours tort.

On constatera aussi que ça gagne sur le même terreau: des gauches converties au social-libéralisme, des droites libérales qui reprennent les thématiques d’extrême-droite pour rester dans la course. Au hasard, ces dernières années : Blanquer et l’islamogauchisme, Pécresse et le grand remplacement, Macron et sa visite à Raoult, Ciotti voulant que la police tire à vue.

On constatera, pour finir, que certains dans la vraie gauche de gauche en France, c’est-à-dire la Nupes, trouvent que la question centrale, dans une société en voie d’effondrement écologique et social, c’est de s’occuper du sexe des anges et de décapiter ses dirigeants alors qu’on a un mal de chien à taxer les superprofits et que l’école, l’hôpital et les transports sont en voie de tiers-mondisation accélérée pendant que Macron veut passer en loucedé la retraite à 65 balais malgré une opposition massive de la population.

Les indignations vertueuses et les approximations politiques sur la Meloni vont fleurir.

Le problème, c’est que l’indignation et le manque de précision, ça empêche toujours l’analyse. Non, l’Italie n’est pas redevenue fasciste ni postfaciste: elle connait le sort de toutes les sociétés européennes qui n’ont plus de gauche marxiste, anticapitaliste et menant une guerre de classe mais une gauche qui se résume à faire la police du barbecue et de la braguette.

E basta cosi, comme on dit là-bas !

Je serais cruel, je remarquerais, en plus, que Marine Le Pen et Giorgia Meloni sont des femmes, et donc, si j’en crois quelques brindezingues essentialistes, ça devrait suffire à ce qu’elles restaurent l’Eden détruit par l’ « androcène » grâce à la magie sororale des sorcières anti-EPR…

Pour paraphraser Audiard, j’ai été prof et militant communiste pendant trente ans, c’est vous dire si j’en ai entendu des conneries, mais alors là…

Tribune reprise de Causeur

Les Anneaux de Pouvoir : tout ce qui est or ne brille pas

Les Anneaux de Pouvoir

Une tribune signée Erwan sur le site d’Academia Christiana.

Je ne suis pas un consommateur de séries. Je n’en regarde plus depuis des années et j’ai été très surpris en parcourant les derniers succès et en découvrant les nouveaux codes du genre. Les budgets et les moyens peuvent être colossaux, mais la qualité est toujours très questionnable. Tout semble fait pour être consommé dans la semaine de la sortie et laisser les spectateurs passer à une autre série. Les systèmes d’abonnement vont dans ce sens.

Je vais juger la série sur deux points : la fidélité à Tolkien et la qualité en tant que série indépendamment de l’œuvre originale. J’entends qu’il s’agit d’une adaptation et, qu’à ce titre, il est possible de prendre des libertés, mais enfin, quand on la titre LORD OF THE RING : Rings of power, on se doit de proposer un minimum de fidélité, ne serait-ce qu’en remerciement à la couverture publicitaire exceptionnelle que le titre nous offre.

Les citations entre guillemets viennent toutes de Tolkien sauf contre-indication.

Je ne m’attendais pas à une fidélité exacte de la série à son univers. Peter Jackson (1) lui-même avait pris énormément de libertés pour l’adaptation en film. J’aurais été particulièrement surpris de voir une firme multinationale comme Amazon retranscrire avec fidélité le sens que Tolkien donnait à son œuvre. Jeff Bezos est athée, libéral, transhumaniste et soutient la robotisation du travail. Ses idées représentent davantage la tour de l’Isengard (2) que le Valinor (3). Il est à peu près sûr que Tolkien, catholique et réactionnaire, aurait fermement refusé ce simulacre de production artistique où tout est artificiel. Nous sommes bien loin de l’esprit de la Faërie et de la noblesse du conte.

C’est quelque chose de suffisamment connu que le profond enracinement de la dimension spirituelle de Tolkien dans les textes et mythes de la civilisation indo-européenne et chrétienne (« this virtue that such rooted works have » disait-t-il à propos des mythes). Il est impossible d’avoir une compréhension sérieuse de ses livres sans une connaissance rudimentaire de la théologie catholique, et sans une culture des textes fondateurs d’Homère, Virgile, du cycle arthurien et des épopées nordiques. Je ne dis pas qu’il faut tout avoir lu, mais il faut avoir une idée des symboles et des grands thèmes qui irriguent ces œuvres. Car Tolkien n’a rien fait d’autre que d’intégrer son œuvre à la « longue ligne continue, indivisible » de cette tradition.

Le souci est que la plupart des admirateurs de l’univers le voient comme un équivalent à ce qu’on trouve dans Donjons et Dragons, Harry Potter, Eragon, etc. Les intentions de Tolkien ont bien évolué au cours de sa vie, mais le fil conducteur est le même. La maturité de son travail l’a toujours davantage orienté vers la recherche d’une cohérence métaphysique et théologique rigoureuse. Il n’est là ni pour être seulement un producteur de divertissement consommable et substituable, ni pour faire un catéchisme. Il a toujours voulu donner à son œuvre la consistance des anciens mythes, qui sont « un effeuillement de la Création » (au sens religieux). La puissance de son univers dépasse très largement sa poésie et son originalité. Celle-ci est au contraire la réécriture constante des mêmes histoires, avec la plume qui présente sous des lumières différentes la consistance des thèmes. Son œuvre permet de prendre de la hauteur sur notre époque et de rejoindre un peu le sens de la destinée humaine qui est le thème qui parcourt toute la grande littérature européenne, d’Homère à Balzac en passant par Shakespeare, Dante ou Goethe. Ses personnages pourraient tous être des personnages de théâtre ou s’insérer facilement dans les œuvres des auteurs que je viens de citer.

La série est une mutilation pure et simple de tout cet aspect de son travail, qui en est le fondement. Il n’en reste qu’un corps en putréfaction, maquillé à coup d’effets spéciaux et animé par les marionnettistes yes-man (4) hollywoodiens, déclinant à l’infini la recette miracle des studios Disney pour faire du pognon et détruire les sagas. Les spectateurs lobotomisés, qui ont perdu tout sens du bon goût et de l’esprit critique à force de nourrir leur intelligence de ces produits médiocres, laissent passer le corbillard repeint en voiture nuptiale.

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Lutter contre la propagande, avec Jean-Yves Le Gallou et Grégory Roose – Nouvelle Vague #55

Jean-Yves Le Gallou

30/09/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Retrouvez l’entretien de Jean-Yves le Gallou à propos de son nouveau livre chez Nicolas Faure. 30 minutes de présentation et de dialogue.

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À l’ONU, la leçon du président Serbe sur l’Ukraine et l’OTAN, par Pierre Boisguilbert

serbie

Le discours le plus pertinent n’a pas été le plus médiatisé. Les médias ont préféré les platitudes de Macron et les rodomontades du gérontocrate américain, mais ce qu’il faut souligner c’est la démonstration du président serbe Aleksandar Vucic. Une voix européenne en dissidence qui explique parfaitement les réticences de certains pays à s’aligner sur la croisade anti russe de Washington.

Non, l’intégrité territoriale n’est pas un principe inviolable. Non, le conflit ukrainien n’est pas le premier en Europe depuis la deuxième guerre mondiale.

Dans son discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le dirigeant serbe a assuré que son État respectait l’intégrité territoriale de tous les pays, y compris celui de l’Ukraine, mais pointé du doigt le fait que beaucoup décrivent les hostilités entre Moscou et Kiev comme « le premier conflit sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale ». Le président serbe Aleksandar Vučić, a demandé des explications aux pays occidentaux : pour quelle raison ont-ils des points de vue différents sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de la Serbie, étant donné qu’ils soutiennent Kiev dans sa lutte contre la Russie, mais ont approuvé l’indépendance du Kosovo ? Selon lui, la Serbie « n’a jamais mis le pied » sur le territoire de quiconque, mais cela « n’a pas empêché les 19 pays les plus riches de l’OTAN d’attaquer un pays souverain sans décision du Conseil de sécurité des Nations unies ». L’OTAN a occupé le Kosovo en 1999, après une campagne de bombardement de 78 jours contre ce qui était alors la Yougoslavie. La province a déclaré son indépendance en 2008 avec le soutien de l’Occident. Si les États-Unis et la plupart de ses alliés l’ont reconnue, de nombreux autres pays, dont la Russie et la Chine, ne l’ont pas fait.

Aleksandar Vučić a également déclaré que si l’OTAN s’est engagée à respecter la pleine intégrité territoriale de la Serbie, cela n’a pas empêché de nombreux pays occidentaux de reconnaître unilatéralement la province séparatiste du Kosovo en 2008.

Plus tôt dans la journée du 20 septembre, le président serbe a averti que le monde se rapprochait d’une guerre mondiale, ajoutant que « l’ONU a été affaiblie », étant donné que les grandes puissances « ont pratiquement détruit l’ordre de l’ONU au cours des dernières décennies ». Cela confirme l’hypocrisie américaine et de son bras armé de l’OTAN. On peut également parler de l’Irak ou de la Libye.

Comme toujours il n’y a qu’une chose de pire que les mauvais sentiments ce sont les bons sentiments… surtout quand ils sont des prétextes.

Tribune reprise de Polémia

[Grand entretien] Michel Onfray : « Macron est une éponge »

Michel Onfray

À l’occasion du 30e anniversaire du « oui » à Maastricht, Michel Onfray revient sur ce qu’il définit comme « le suicide souverain de la souveraineté ». Dans le contexte d’une Europe qu’il qualifie de « consumériste illibérale », il évoque la destruction de la France, la nécessité du Frexit face à l’extension de l’empire maastrichtien et évoque, à travers Macron, « l’avènement d’un genre d’antéchrist politique ».

Gabrielle Cluzel : Michel Onfray, vous êtes philosophe, essayiste, créateur de l’Université populaire de Caen et de la revue Front populaire. À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le Président Emmanuel Macron a accusé la Russie d’avoir provoqué, pas son invasion de l’Ukraine, un « retour des impérialismes » en Europe. Vous avez annoncé ce retour bien avant lui puisque vous parlez depuis longtemps d’« empire maastrichtien »…

Michel Onfray : Je crois que Macron est une éponge qu’on peut imbiber simultanément ou successivement de tous les liquides… Ce peut être miel et fiel en même temps, c’est de toute façon toujours tout et son contraire dans le verbe, mais une seule et même ligne directrice dans les faits, les gestes, les actes : la destruction de la France, sa banalisation, sa prolétarisation, son ensauvagement au bénéfice de l’État maastrichtien. Il a besoin d’un pays rasé comme après une explosion atomique pour y reconstruire son projet civilisationnel basé sur la réification. Le XXIe siècle sera celui de la réification radicale : de l’utérus des femmes (il faut désormais préciser !) aux enfants, il faut tout transformer en objet vendable, louable, achetable. C’est le projet de cette Europe consumériste illibérale : un immense marché planétaire où tout peut faire l’objet de transactions, donc de bénéfices sonnants et trébuchants.

Il existe en effet une confusion intellectuelle et sémantique avec des mots comme l’État, la Patrie, la Nation, l’Empire. Maastricht est un État illibéral qui travaille contre la Nation française au profit d’un Empire que je nomme en effet maastrichtien depuis des années. L’Empire est une Nation qui revendique l’extension de son espace vital.

Qui dira que l’Europe maastrichtienne ne se trouve pas dans cette configuration ? C’est d’ailleurs ce qui explique le sens de la guerre de Poutine qui oppose la vieille Russie chrétienne orthodoxe à l’Ukraine maastrichtienne soutenue par les États-Unis. C’est un conflit qui illustre à la perfection la thèse de Huntington sur le choc des civilisations.

G. C.: Nous « fêtions », le 20 septembre dernier, l’anniversaire du « oui » au référendum de Maastricht. Le souverainiste que vous êtes y voit-il l’origine de tous nos malheurs ?

M. O. : Oui, car, quand on ne dispose plus du gouvernail de son bateau, c’est mentir de dire qu’on va conduire le navire dans le sens d’une politique volontariste. Le traité de Maastricht procède d’un suicide souverain de la souveraineté : c’est la dernière fois que le peuple a décidé souverainement, après l’incroyable propagande de l’État mitterrandien, d’en finir avec sa souveraineté ! La Commission européenne, qui n’est pas élue, a retiré le pouvoir des mains du peuple, ce qui acte la destruction de toute démocratie, qui était, rappelons-le, le pouvoir du peuple, sur le peuple, par le peuple. Ce bateau est piloté par Maastricht, le président de la République est à la barre, mais c’est pour rire : il inaugure les chrysanthèmes ou les parcs éoliens décidés à Bruxelles par la Commission…

G. C. : En 2011, Jacques Attali, très impliqué dans la campagne pro-Maastricht, avait avoué, lors d’une intervention à l’université participative de Ségolène Royal, que « l’on [avait] soigneusement oublié d’écrire l’article qui permettait de sortir [du traité] ». Et de rajouter que « ce n’était pas très démocratique… », mais idéal pour « nous forcer à avancer ». Selon vous, un retour en arrière est-il de ce fait impossible pour la France ?

M. O. : Le problème n’est pas que ça n’est « pas très démocratique », c’est qu’il s’agit franchement d’un coup d’État qui recourt aux textes et non pas aux armes mais pour un même résultat : abolir la démocratie au profit d’un régime oligarchique.

Bernard-Henri Lévy le dit régulièrement, il vient de le répéter en Italie : le peuple peut se tromper ! Dès lors, pour éviter qu’il se trompe, cessons de lui demander son avis et agissons pour son bien – qui est évidemment son mal ! C’est le logiciel de ces anciens gauchistes – BHL en fut ! – que de célébrer la dictature au nom de la démocratie et de prétendre agir pour le peuple en en faisant l’économie. C’est pour le bien du peuple qu’ils aimeraient, comme Marat, qu’il n’ait qu’une seule tête pour pouvoir le bien décapiter.

Ce qui est possible, c’est le Frexit dont l’État maastrichtien nous dit qu’il est impossible, impensable, infaisable, irréalisable, déraisonnable. Si c’est cet État qui le dit, c’est très précisément la preuve que c’est possible, pensable, faisable, réalisable et raisonnable. Quand ils parlent du cercle de la raison, il faut entendre le cercle de la déraison. À Front populaire, nous avons travaillé à restaurer théoriquement la question souverainiste, nous allons faire de même avec la question du Frexit avant d’envisager la suite concrètement.

G. C. : Un pays – qui a pourtant quitté l’Europe avec fracas – a fait, durant une dizaine de jours, une belle démonstration de civilisation européenne. Que vous inspire l’engouement pour la reine d’Angleterre ? Pensez-vous, à l’instar de Marine Le Pen, que « notre peuple a tué son roi » et « qu’il se le reproche peut-être de temps en temps » ?

M. O. : La reine a incarné, au sens étymologique, elle a donné corps et âme à un peuple qui a conservé sa monarchie. Il n’est pas question de restaurer la monarchie en France mais un pouvoir qui retrouverait le sens du sacré. Le roi est moins le problème que le souverain en son sens premier, qui est le peuple. La France ne se reproche pas d’avoir tué son roi, elle déplore qu’avec la mort du général de Gaulle, elle ait perdu le sens du sacré que devrait avoir l’homme investi du pouvoir, le souverain, par l’élection au suffrage universel direct. Macron qui pose enlacé avec de jeunes garçons torses nus qui font un doigt d’honneur, c’est non seulement l’image de la mort du sacré, mais aussi et surtout l’avènement d’un genre d’antéchrist politique.

Cela dit, le roi Charles III a déjà failli à sa mission d’incarner le sacré en parlant de sa chère maman, de son cher papa, de ses fifils, de sa femme chérie, en se faisant tripoter et embrasser par la foule, mais aussi en montrant son énervement à deux reprises avec un encrier mal placé sur son bureau et un stylo-plume qui fuit. Il témoigne ainsi de l’épuisement et de l’extinction de la monarchie anglaise. C’est le triomphe de Meghan Markle [l’épouse du prince Harry, NDLR].

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Coupe du monde au Qatar : le rôle de la France – Le Zoom – Avec le député Laurence Robert-Dehault (RN)

Coupe du monde de foot au Qatar

29/09/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Le Zoom de TVL avec le député de la 2nde circonscription de Haute-Marne, Laurence Robert-Dehault.

Membre de la commission des affaires étrangères, cette élue du Rassemblement National tire la sonnette d’alarme quant à la participation sécuritaire de l’État français dans la Coupe du monde de football au Qatar.


C’est la faute à Poutine, par Gérard Conio

faute poutine

« La diabolisation de Poutine n’est pas une politique, c’est l’alibi pour ne pas en avoir une », a dit Henry Kissinger. Gérard Conio, professeur émérite de l’Université Nancy-2, qui a dirigé la fabuleuse collection « Classiques slaves » à l’Âge d’Homme, nous explique les conséquences en cascade de cette attitude. Jusqu’à l’escalade ?

Si Vladimir Poutine n’existait pas, il faudrait l’inventer. C’est, en tout cas, ce que pensent les dirigeants du régime oligarchique qui gouverne le monde occidental par la peur, le mensonge et la corruption. Afin de parvenir à leurs fins, ils doivent fabriquer un ennemi et pour cela ils ont besoin d’un bouc émissaire qui assume tout le poids de leurs fautes. Et la fabrique de l’information est indispensable pour la fabrication de l’ennemi.

Ils ont donc trouvé un moyen facile de se blanchir aux yeux de leur population en attribuant à cet ennemi public, devenu l’ennemi de l’humanité, leur propre stratégie de domination mondiale.

Pour expliquer leurs propres atteintes au droit des gens, il leur suffit de clamer à tout propos : « C’est la faute à Poutine ! » C’est la clé du processus qui, depuis la fin de la guerre monde, a conduit à une guerre fratricide en Ukraine et à la rupture entre la Russie et l’Occident dont les conséquences sont incalculables.

Docteur Angela et Mrs. Merkel

On ne saurait pour autant dédouaner la responsabilité de la Russie, des Russes et de Vladimir Poutine lui-même dans l’évolution qui a conduit à ce désastre. Il ne s’agit certainement pas de donner foi aux accusations qui alimentent une russophobie que la guerre en Ukraine a exacerbée en étendant à l’ensemble des Russes un discrédit qui tendait auparavant à opposer Vladimir Poutine et les intérêts de la Russie et des Russes. Désormais, c’est le peuple russe tout entier, c’est le seul fait d’être Russe qui est l’objet d’un rejet haineux et méprisant.

Mais il faut bien reconnaître que les Russes, en entérinant les changements ayant entraîné la fin de la guerre froide et en procédant à des réformes autodestructrices, sont eux-mêmes à l’origine de cette « diabolisation » voulue par les États-Unis et réalisée avec le concours de leurs victimes. Ivres de leur hubris et confiants dans leur victoire, les apprentis sorciers qui ont pris les rênes de l’Occident ne se rendent pas compte qu’ils mettent en danger la paix et la sécurité du monde. Mais jamais ils n’auraient pris cette voie si la Russie, après avoir mis fin à l’URSS, ne les avait pas encouragés à la prendre.

Le général Desportes, l’un des rares observateurs intelligents, honnêtes et informés de la vie politique, a indiqué dans un entretien récent l’une des clés, selon lui, d’une guerre qui ne fera sans doute que des vaincus, en rappelant le mot de Vladimir Poutine, qui, quand Madame Merkel lui demandait quelle était sa plus grande erreur, lui avait répondu : « C’est de vous avoir fait confiance. »

La leçon de Zinoviev sur la « suprasociété globale »

Les Russes ont toutes les raisons de reprocher à leurs dirigeants d’avoir contribué activement à leur déchéance. Mais, habitués à la passivité face à leurs gouvernants, ils n’ont pas réagi après leur refus de mettre fin à l’URSS dans le référendum organisé par Gorbatchev et laissé lettre morte. Ce n’est qu’après avoir subi, dans les sinistres années 90, sous la présidence de Boris Eltsine, les conséquences de cette autodestruction, qu’ils ont adoubé la politique de redressement entreprise par Vladimir Poutine.

Les résultats obtenus expliquent la popularité de ce dernier, mais, comme il l’a lui-même reconnu dans sa réponse à Madame Merkel, il n’est pas lui-même exempt de responsabilité dans l’asservissement de son pays à des puissances étrangères qui pratiquent sans scrupule le double standard.

Pour mieux comprendre la partie qui se joue actuellement entre la Russie et l’Occident par Ukraine interposée, il faut remonter à la fin de la guerre froide, marquée par la réunification de l’Allemagne et par l’autodissolution de l’URSS par son président Gorbatchev. La mort de Gorbatchev a donné lieu à un hommage discret des Européens et à un silence hostile de la part des Russes qui ne lui ont pas pardonné d’avoir trahi l’État dont il avait la charge.

Si Gorbatchev a eu le mérite de mettre fin au communisme, il a par là même détruit la puissance russe, construite par l’Union soviétique, dans l’héritage de l’empire tsariste. Dans la conscience collective russe, il a foulé aux pieds une histoire dont il était le légataire. Cette concordance a été fort bien analysée par Alexandre Zinoviev dans son livre sur La suprasociété globale et la Russie (L’Âge d’Homme, 1999). Dans sa conclusion, Zinoviev écrivait ceci :

« La trahison gorbatchévo-eltsinienne est la plus grande trahison de l’histoire de l’humanité par ses principaux paramètres, par l’importance de ses participants, par son degré de calcul et de préméditation, par son niveau social, par ses conséquences pour nombre de pays et de peuples, par son rôle dans l’évolution de l’humanité. De sorte que si on nous a volés, à nous les Russes, le droit d’être les premiers à découvrir une voie nouvelle, la voie communiste, de l’évolution sociale de l’humanité, on devrait reconnaître au moins que nous sommes les champions dans la sphère de la trahison. »

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Marco Zanni : « Le combat prioritaire d’aujourd’hui est la lutte pour notre identité » [Interview]

Marco Zanni

Marco Zanni est président du groupe parlementaire européen Identité et Démocratie (ID), qui comprend des députés européens de dix pays, la plupart issus de la Ligue (Lega) de Matteo Salvini, du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen et de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) de Tino Chrupalla et Alice Weidel. Les objectifs du groupe ID sont de créer des emplois et de la croissance économique, de renforcer la sécurité publique, et surtout de lutter contre l’immigration illégale et de réduire la bureaucratie dans l’UE. Identité et Démocratie est très impliqué dans la défense de la souveraineté et de l’identité des nations et des peuples européens. En outre, il vise à ce que la coopération européenne soit basée sur des nations libres et souveraines, avec plus de démocratie et de transparence.

José Papparelli, journaliste pour El Core de Espana, l’a interrogé et Breizh-info a traduit l’interview.
L’Europe traverse une période difficile avec le conflit en Ukraine, qui affecte directement ou indirectement les politiques et les économies des nations et des citoyens. Quelle est la position d’Identité et Démocratie à ce sujet ?

Marco Zanni : Notre position est claire et précise. Depuis le 4 février, nous soutenons le peuple ukrainien sans réserve et avec conviction, et cela est clair, écrit noir sur blanc, et se voit dans nos votes au Parlement européen. En fait, il existe des analyses indépendantes comme celles de VoteWatch, une association qui surveille les votes des groupes au Parlement européen, qui affirme, par exemple, que le parti qui a le plus voté en faveur de la Russie au cours de cette législature a été le Parti démocratique italien (Pd) et non la Ligue. Donc, si quelqu’un affirme le contraire, cela fait partie du faux récit de la gauche et est totalement contraire aux faits, mais nous avons dit quelque chose de précis, quelque chose qui a beaucoup de sens pour moi. Il est juste que nous soutenions le peuple ukrainien contre l’agression russe, mais il est tout aussi juste et équitable qu’après deux ans de Covid, la difficulté de payer le prix des sanctions contre la Russie retombe sur les citoyens et les entreprises européens qui luttent pour sortir d’une grave situation économique dont ils ne sont pas responsables.
Nous le disons depuis février de cette année, personne ne nous a écoutés, ils ont appliqué des sanctions dont nous savions qu’elles nous nuiraient, ils ont appliqué des sanctions en sachant que la Russie réagirait et une fois de plus ils ont laissé les citoyens seuls.

Aujourd’hui la situation est dramatique, les entreprises qui risquent de fermer nous demandent d’arrêter les sanctions. Nous disons une chose à l’Union européenne : si vous voulez que le soutien des peuples d’Europe reste fort pour l’Ukraine, vous ne pouvez pas les laisser seuls. Si l’UE n’aide pas les citoyens et les entreprises à faire face à la hausse des coûts de l’énergie, le soutien dont ils ont bénéficié jusqu’à présent s’évanouira rapidement, et ce sera un gros problème pour tout le monde. La semaine dernière, dans le discours sur l’état de l’Union, nous avons demandé aux institutions européennes d’agir rapidement sur ce problème, car l’automne et l’hiver s’annoncent vraiment très difficiles, comme nous n’en avons peut-être jamais vu au cours des 50 dernières années.

Nous avons récemment appris que le Parlement européen a voté et adopté une résolution en session plénière, selon laquelle la Hongrie ne peut plus être considérée comme une démocratie à part entière, mais comme une « autocratie électorale ». Outre la gravité de cette décision, elle implique également des dommages économiques, comme le fait de ne pas recevoir de fonds de recouvrement si elle ne se conforme pas aux recommandations de l’UE. Votre groupe a voté contre, que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Marco Zanni : Le cas hongrois est une manipulation claire de la gauche en l’absence d’idées et de propositions. La gauche attaque par peur du danger anti-démocratique. Elle n’a pas compris qu’aujourd’hui, lorsque nous parlons aux citoyens, aux entreprises, la dernière chose qu’ils les préocuppent est ce qui se passe en Hongrie ou ce qu’est leur État de droit. Cela dit, je dois préciser que l’État de droit est une question très importante, mais qu’elle ne peut être utilisée pour punir les gouvernements que nous n’aimons pas, tout en fermant les yeux sur les gouvernements que nous aimons ou qui sont nos amis. Nous avons voté contre cette résolution du Parlement européen parce que les accusations portées contre la Hongrie dans cette résolution sont des questions qui se posent avec encore plus de gravité dans d’autres pays de l’UE. La commission du Parlement européen ne songerait pas à prendre des résolutions similaires sur l’État de droit dans d’autres pays parce qu’il s’agit de pays gouvernés par des partis appartenant au Parti populaire européen ou aux socialistes.

Pour donner un exemple, en Bulgarie, où les socialistes sont au gouvernement, le chef de l’opposition est en prison. Nous avons demandé un débat sur l’État de droit en Bulgarie et la gauche s’y est opposée parce qu’il y a un gouvernement de cette tendance politique. Ou Malte, où il y a deux ans, une journaliste a été tuée parce qu’elle enquêtait sur un réseau de corruption très proche du Premier ministre maltais. Personne à la Commission ou au Parlement européen ne penserait à faire une résolution sur l’État de droit à Malte pour la même raison. Ce que nous contestons, c’est donc l’utilisation instrumentale et politique partielle de l’État de droit. S’il y a un problème de démocratie, on en parle et on utilise le même critère pour tous. Comme on dit familièrement, il ne peut y avoir des fils et des belles-filles.

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Gilles William Goldnadel : «La victoire de Giorgia Meloni en Italie, ou la défaite de la “pensée gauchiste” en Europe»

De Stockholm à Rome, par Jean-Gilles Malliarakis

Giorgia Meloni

En moins de 15 jours, au nord comme au sud du Vieux Continent, deux peuples européens ont marqué, de la même manière, leur rupture avec l’idéologie dominante. Les Suédois le 11 septembre, suivis des Italiens le 25, ont donc mal voté, en faveur des alliances formées entre les partis nationaux, conservateurs et libéraux.

Personne ne saurait remettre en cause, dans les deux cas, la régularité du choix opéré par le suffrage universel;

Aucun des partis vainqueurs, ni les « Démocrates de Suède », ni bien entendu les conservateurs, les chrétiens-démocrates et les libéraux scandinaves, pas plus que Fratelli d’Italia, la Lega ou Forza Italia ne remettent en cause les institutions des deux pays, ni même ne prétendent déchirer les traités européens, comme le promettaient déjà en 1957 les gaullistes… qui s’empressèrent de les ratifier, après le retour au pouvoir du général De Gaulle en 1958…

On a d’ailleurs sur-interprété les propos maladroits de la présidente de la Commission rappelant que si une voie « difficile » apparaissait il existait des moyens de pression. La victoire d’une majorité solide en Italie, pays actuellement surendettée, à concurrence de 150 % ne s’apprête pas à déstabiliser la zone euro, mais au contraire à mettre de l’ordre dans les finances publiques : de ce point de vue, le budget que Mme Borne, et MM. Macron et Le Maire se proposent de faire voter créera une situation beaucoup plus « difficile ». Comportant 5 % de déficit public, portant la dette française à plus de 3 000 milliards, supportant 51 milliards de charge d’emprunt, il devra être négocié devant une Assemblée nationale où n’existe pas de majorité…

Ce 26 septembre dès le matin, on apprenait la déroute, sans précédent depuis 1946, des partis traditionnels italiens de la gauche, de l’extrême gauche et du centre-gauche. Recul également du conglomérat « dégagiste » Cinq étoiles. Comme prévu les sirènes antifascistes rouillées ont immédiatement répété à l’identique leurs vieilles antiennes, inventées en 1935 par le VIIe congrès du Komintern, jamais renouvelées, semble-t-il, depuis la mort de Dimitrov et de son maître Joseph Staline.

Rien ne ressemble moins, pourtant, à la marche sur Rome de 1922, 100 ans plus tard, que ces élections de 2022, assurément démocratiques. Elles ont été marquées seulement par un taux d’abstention considéré comme préoccupant à hauteur de 36 %, – alors que les élections législatives françaises du 19 juin ont enregistré 52,5 % au premier tour et 53,8 % au second… Où donc se situe la crise de la démocratie ?

Rien n’est plus éloigné, non plus, de la Doctrine du fascisme publiée par Mussolini, de son socialisme autoritaire, des affiches de la guerre d’Ethiopie le portraiturant en cavalier de l’islam et de sa préoccupation de l’émigration de sa « nation prolétaire » en quête d’empire – que la résistance identitaire inverse, opposée à l’immigration incontrôlée et à l’islamisation de l’Europe, de moins en moins rampante, de plus en plus conquérante.

Le monde a totalement changé : la seule chose qui ne changera jamais c’est la bêtise humaine à laquelle une certaine gauche sacrifie.

Soulignons que la victoire de Giorgia Meloni est d’abord celle d’une coalition des droites, rejetant les excès de la gauche, et notamment la faiblesse face à l’insécurité. Idem en Suède, pays autrefois présenté comme la vitrine de la sociale démocratie.

Fratelli d’Italia obtient un pourcentage record de 26 % des voix. L’ensemble recueille en tout 44 %. Ses principaux alliés la Ligue de Matteo Salvini, et Forza Italia de Silvio Berlusconi obtiennent respectivement 9 % et 8 %, le reste, soit environ 3 %, se reporte sur des petites formations de centre droit. On ne connaît pas encore la répartition exacte des députés et sénateurs élus au scrutin uninominal qui composeront 37 % des assemblées. La complexité de cette loi électorale hybride, voulu par les majorités sortantes, n’ont pas permis que l’on nous dise dès maintenant son résultat global. Mais l’on sait déjà que les droites se présentaient unies dans chacune des circonscriptions, alors que leurs adversaires demeuraient divisés, ce qui conduira sans doute à une majorité encore plus forte.

L’Italie, pays où la dénatalité atteint des records, a besoin d’un gouvernement réhabilitant la famille, que cela plaise ou non à Mme Borne. L’Europe de demain aura besoin d’une Italie forte, bienvenue par conséquent au nouveau gouvernement de Rome.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Giorgia Meloni n’est pas fasciste !, par Philippe Bilger

Giorgia Meloni

Parmi toutes les réactions politiques et médiatiques nous annonçant le retour du fascisme avec la position dominante, au sein de l’union des droites, du parti de Giorgia Meloni – Fratelli d’Italia – une lucidité, celle de Julien Dray reprochant à la gauche et à l’extrême gauche de dire n’importe quoi et de ne rien comprendre au phénomène italien (CNews).

Elles ne sont pas les seules.

Ursula von der Leyen, pour le compte de l’Europe maestrichienne, en parlant comme Michel Onfray, dénonce ce résultat électoral pourtant incontestable sans s’interroger sur le droit des nations à privilégier leur souveraineté. Surtout par rapport à une bureaucratie et à des instances européennes visant à remplacer les peuples par des structures à la fois désincarnées mais terriblement intrusives.

Giorgia Meloni a déclaré en 1996 – elle avait 19 ans ! – que Mussolini avait gouverné pour le bien de l’Italie. Mais depuis elle a changé d’avis, révisé ses positions et accepté de participer à l’entente européenne ; mais en affirmant vouloir en changer les règles. Bon courage : d’autres l’ont promis sans essayer, certains l’ont essayé sans rien infléchir.

Dieu, la famille et la patrie, voici la triple invocation au nom de laquelle elle aspire à gouverner l’Italie, en soulignant sa volonté d’être au service de tous ses concitoyens.

Je doute que cet engagement puisse être tenu avec une telle vision purement conservatrice. Même si elle n’a rien de honteux en elle-même à partir du moment où aucun pouvoir n’est contraint de légitimer tout ce qu’une modernité discutable et l’évolution des sociétés inventent jour après jour. Ce que charrie le réel n’est pas à accepter en gros mais à la rigueur au détail.

Sidérant de constater l’étonnement démocratique face à l’émergence de ces partis ou de ces unions conservatrices, voire extrémistes, en Allemagne, en Suède, aujourd’hui en Italie, sans évoquer les pestiférées que sont la Hongrie et à un degré moindre, la Pologne…

Plutôt que tomber dans une dénonciation confortable, seulement éthique (à quel titre, d’ailleurs, puisque des démocraties ont tranché ?), il serait infiniment plus efficace de se demander pourquoi les démocraties traditionnelles apparaissent de nos jours, face aux crises de toutes sortes, comme trop molles, voire impuissantes. À force de ne pas traiter, ou si mal, les problèmes qui gangrènent l’Europe, le retour de bâton était prévisible. Quand la réalité est trop longtemps niée, elle se venge à sa manière.

On ne peut que le constater : des peuples ont envie de tourner les pages anciennes pour en découvrir d’autres, peut-être à leurs risques et périls. Mais le passé des pays et de l’idéologie européenne donnant trop volontiers des leçons de morale aux trublions est-il si brillant, si exemplaire qu’on puisse ne pas comprendre qu’un autre futur tente ici ou là, et de plus en plus ?

Giorgia Meloni n’est pas fasciste. Cette stigmatisation avant les actes et la politique menée n’est que trop révélatrice d’une intolérance que beaucoup ne supportent plus.

Si elle échoue une fois président du Conseil, ce ne sera pas à cause de sa provocation de 1996 mais parce qu’elle n’aura pas su, avec ses soutiens, répondre aux défis du présent.

Surtout, qu’on n’interdise pas aux peuples le droit de choisir un autre chemin que celui que la bienséance européenne s’estime en droit de leur imposer en tapant sur leur souveraineté !

Tribune reprise de Philippebilger.com

Jean-Yves Le Gallou sort un nouveau livre intitulé « La société de propagande »

[vidéo] GRAND REMPLACEMENT 4 : RENCONTRE AVEC LE « DIABLE » RENAUD CAMUS

28/09/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Renaud Camus, romancier, essayiste et ancien socialiste converti au camp réactionnaire, se livre depuis sa demeure au château de Plieux dans le Gers.

Les équipes de Livre Noir sont partis à sa rencontre pour comprendre le fondement de ses positions et clarifier les postures qu’il a – parfois sciemment – rendu polémiques.

Relégué au banc des infréquentables, Renaud Camus a su placer au centre des débats des sujets considérés comme tabous, voire interdits dans la plupart des médias grand public.

Comment travaille-t-il ? Quels ont été ses points de bascules idéologiques ? Comment voit-il l’avenir de notre société ?

Retrouvez cet entretien inédit d’un des hommes les plus diabolisé de France en exclusivité et en version intégrale sur www.livrenoir.fr


Disparition de François-Bernard Huyghe, un phare en pleine tempête

Francois-Bernard Huyghe

Penseur joyeux et tragique de la modernité et de la post modernité, Francois-Bernard Huyghe est mort en stoïcien le 1er septembre. Il laisse derrière lui une œuvre immense, qu’évoque ici Goulven Laënnec, un professeur de philosophie qui étudie en particulier la post-modernité et les transmutations qu’elle produit dans la pensée, l’art et les idéologies.

Un brillant analyste

François-Bernard Huyghe qui vient de disparaître nous laisse une œuvre considérable, faite de livres, de conférences, d’articles dans des revues et magazines, de posts sur son blog, d’interviews réalisées à la télévision ou dans des publications. A l’instar de son père René Huyghe, dont l’œuvre de « Psychologie de l’Art » (titre de sa chaire au Collège de France) constitue à côté de celle de Malraux une somme exceptionnelle pour l’interprétation et la compréhension, esthétiques mais aussi philosophiques, de ce qui a été l’Art qu’on appelle de façon restrictive occidental, celle de François-Bernard Huyghe forme un corpus cohérent de connaissance de ce qu’on pourrait appeler l’idéologie du leurre, arme essentielle de l’hégémonie sur le monde.

François-Bernard semble avoir eu un parcours atypique dès sa jeunesse : brillant comme il l’était, il n’a pas préparé de concours d’entrée à de grandes écoles, mais fait des études de droit et de politologie. Sceptique sur les utopies ou les contre-utopies comme il l’a montré, on dit qu’il a participé à des actions de barrage aux milices « révolutionnaires » de l’époque à l’université sans pour autant avoir paru adhérer à un mouvement, notamment sur le plan intellectuel.

Comme un ethnologue étudie les cultures des civilisations, comme un historien de l’Art étudie les créations des artistes, François-Bernard avait entrepris d’étudier les discours du faire croire de ceux qui exercent le leadership.

La Soft-idéologie, le premier d’entre eux était dès 1987 l’un des rares livres qui prévoit de façon impressionnante – avant la chute de l’URSS et la métamorphose du « monde libre » en planète – la conjonction des trois victoires irrésistibles qui ont forgée dans la décennie 90 la doctrine de l’upperclass peu à peu dirigeante : victoire idéologique et culturelle de l’extrême-gauche sur les idées conservatrices, nationales ou sur la nouvelle droite ; victoire économique de l’extrême libéralisme financier mondialiste sur les socialismes ; victoire politique de la position centriste, devenant l’extrême-centre, sur les positionnements partisans à gauche ou à droite. Tout cela accompagné par la lutte des classes, qui renverse (sans révolution violente apparente) la classe dirigeante, la bourgeoisie industrielle, et la remplace désormais par la caste issue de la fusion entre banquiers, directeurs de fonds et de grandes entreprises, et hauts-fonctionnaires.

C’est de l’amalgame improbable et surprenant de cette triple victoire qu’est née un monstre ou une chimère, l’idéologie mère du « neo-cons », c’est-à- dire du néo-conservatisme américaine (qui n’a rien à voir avec la Konservative Revolution). Elle inspire la politique d’hégémonie exclusiviste des États-Unis d’Amérique sur le monde, et en premier lieu sur le dominion confus qu’est l’Europe, conquise dès l’opération Overlord, mais également sur le Moyen-Orient, l’Asie du Sud Est, le Japon etc.

La soft-idéologie, qui « mêle gestion conservatrice et rêves soixante-huitards » est l’expression d’un désarmement intellectuel et moral subliminal obtenu par l’utilisation du soft-power que donne d’une part l’american way of life avec Holywood, Coca-Cola, Boeing, Disney, IBM, Mac Donald, Levi’s, etc. d’autre part l’influence symbolique (les MBA à Harvard, Stanford, Berkeley, et leurs alumni, etc).
Elle légitime tout ce que peut annoncer la « pensée unique » qui déjà exclut subrepticement toute possibilité d’objection, a fortiori d’opposition, rejetées comme forces de désordre voire de violence. C’est la continuation du « terrorisme intellectuel » pratiqué durant la IVème République, mais en beaucoup plus malin. Il s’agit d’intensifier la pratique de la censure et l’exclusion, mais sans interdit visible, imposé par la coercition, par un discours soft consensuel, résigné et hédoniste. François-Bernard Huyghe en renvoyant au monde cette image stupéfie tous les « leaders d’opinion », qui lui emboite le pas pour les plus intelligents, ou grimacent pour les autres, scandalisés par cette irrévérence qui congédie leurs répétitions à satiété des dogmes sur lesquels était assise leur autorité.

Un travail essentiel

La Langue de coton qui suivra décrit très concrètement les techniques et les méthodes oratoires et rédactionnelles qu’emploie les dominants pour asseoir leur pouvoir. « La langue de coton a le mérite de penser pour vous, de paralyser toute contradiction, et de garantir un pouvoir insoupçonné sur le lecteur ou l’auditeur. » Elle confère donc l’autorité, qui donne le plein pouvoir.

Par la suite, lorsque la soft-idéologie et sa langue de coton sont captés par les nouveaux maîtres de l’univers néo-libéraux (qui n’ont rien de libéraux) après le crash du monde socialiste, François-Bernard Huyghe oriente sa pensée dans trois directions : l’histoire des mythes eurasiens, constitués par le mixte des informations et désinformations qui circulent le long des routes de la soie ou des épices ; la médiologie, fondée par Régis Debray, qui étudie comment les idées sont formatées par leur véhicule de transmission ; l’analyse en live des phénomènes d’intoxication qui apparaissent avec la révolution numérique et la vogue des réseaux sociaux, ou se transforment avec elle : cyber, terrorismes, influences géopolitiques, à laquelle il se livrera avec l’IRIS, think-tank dédié à l’étude des stratégies internationales.

Pour lire la suite, c’est ici !

Occupation de la CAF de Bobigny – Génération identitaire : 19 militants condamnés en appel à de la prison avec sursis

Italie : Largement élue, Giorgia Meloni va mettre en œuvre un courageux programme de rupture

Giorgia Meloni

Une voix rauque et fatiguée, mais un sourire radieux : au cœur de la nuit, Giorgia Meloni s’est adressée à ses militants, tandis que tombaient les premiers résultats d’un vote historique qui s’est tenu dimanche. Pour elle, la victoire est totale, son parti, Fratelli d’Italia, remporte 26 % des voix, plus que les estimations les plus hautes. La coalition de centre droit est majoritaire à la Chambre comme au Sénat.

« C’est une nuit de fierté, de revanche, de rêves, de souvenirs, de larmes, dédiés aussi à ceux qui ne sont plus là, a-t-elle lancé. […] Nous ne sommes pas à l’arrivée mais au point de départ. C’est le temps de la responsabilité. Si nous voulons faire partie de l’Histoire, nous devons comprendre cette responsabilité que nous avons face aux Italiens […] L’Italie nous a choisis, et nous la choisissons, nous ne trahirons jamais l’Italie. Quand nous serons appelés à gouverner cette nation, nous le ferons pour tous, pour tous les Italiens. » Affirmant sa volonté « d’unir ce peuple, d’exalter ce qui l’unit plutôt que ce qui le divise », elle rappelle qu’elle s’est donné pour mission « que les Italiens soient de nouveau fiers d’être italiens ». Elle poursuit : « Nous n’avons pas cru en ce que les autres disaient de nous, nous n’avons pas abandonné, nous ne nous sommes pas laissés abattre […] » Elle conclut en citant saint François d’Assise, patron de l’Italie : « « Commence par faire le nécessaire, puis fais ce qu’il est possible de faire et tu réaliseras l’impossible sans t’en apercevoir. » C’est ce que nous avons fait, merci ! »

Dès le matin, Enrico Letta, le président du Parti démocrate (gauche), a pris acte de son mauvais score : lui que l’on voyait au coude à coude avec Giorgia Meloni obtient 18,9 % des voix. Il ne se représentera pas à la tête du parti. Il faut tout changer : orientation, nom, programme. Il ne peut s’empêcher de rejeter la faute sur le Terzo Polo, ce pôle de centre gauche que Carlo Calenda et Matteo Renzi ont tenté de constituer, un peu à la manière d’un macronisme à l’italienne. Si macroniste que Stéphane Séjourné, le secrétaire général de Renaissance (anciennement LREM), est même venu, la semaine dernière, le soutenir en meeting à Rome. L’appui de Séjourné n’aura pas suffi : c’est un camouflet pour le professeur à Science Po Paris Enrico Letta. Le candidat Calenda adoubé par Emmanuel Macron n’a obtenu que 7,74 % des voix. L’échec est sévère pour ceux qui se présentaient comme les seuls « compétents » !

La première séance des deux chambres se tiendra le 13 octobre et verra l’élection des présidents de chambre. À ce moment-là seulement, aux environs du 24 octobre, commenceront les consultations entre partis et avec le président de la République Sergio Mattarella pour la formation du nouveau gouvernement. Ce dernier pourra, ou non, accepter tel ou tel ministre. On se souvient qu’il avait opposé son veto à la nomination de Paolo Savona en 2018 comme ministre des Finances : Savona avait été jugé trop eurosceptique. Giorgia Meloni devra composer avec ses alliés de coalition. En retour, ceux-ci lui apporteront un soutien parlementaire durable, pour un gouvernement au long cours, avec une orientation politique précise.

Un programme de droite décomplexée, notamment sur l’immigration

Ce programme a été élaboré par les chefs des trois partis avant les élections, afin que les électeurs puissent juger sur pièce et non pas découvrir, comme trop souvent en Italie, des alliances de coin de table, parfois un peu baroques, faites après coup dans le dos des électeurs italiens. Ces alliances post-électorales allaient à l’encontre d’une ligne politique claire et des partis minoritaires finissaient par gouverner. Comment mieux alimenter la défiance des Italiens envers leurs institutions ? L’abstention record de 36 % s’explique aussi comme cela.

Sur le plan international, « la politique étrangère sera centrée sur la protection de l’intérêt national et la défense de la patrie », promet le programme de la coalition de droite. Le plein respect des engagements de l’OTAN dans le conflit ukrainien est défendu, mais aussi « toute initiative diplomatique vouée à la résolution du conflit ».

Plusieurs fois, la défense de l’intérêt national dans les dossiers européens est mentionnée, notamment sur la transition énergétique, mais aussi la promotion de la centralité de l’Italie dans la zone méditerranéenne. Enfin, « la défense et la promotion des racines et identités historiques et culturelles classiques et judéo-chrétiennes de l’Europe » font partie intégrante du programme commun.

Sur le dossier épineux de l’utilisation des fonds européens du Plan de relance, Meloni et ses alliés promettent la modernisation des infrastructures et le lancement des grands travaux, notamment le pont du détroit de Messine reliant la Sicile au continent.

Sur le plan institutionnel, Giorgia Meloni entend réformer la Constitution pour évoluer vers un régime semi-présidentiel « à la française ». Objectif : conjurer cette instabilité politique chronique. Réforme de la Justice, réforme gigantesque de l’administration – moins de règles, plus d’efficacité – sont encore au menu. Une réforme fiscale est également au programme avec un mot d’ordre adressé aux entreprises : « Plus tu embauches, moins tu paies de taxes. » L’allégement fiscal, y compris pour les ménages, est pour le prochain gouvernement une priorité.

En 2050, selon les projections démographiques, près de 8 millions d’Italiens auront disparu. La coalition veut s’impliquer fortement dans une politique familiale, qui n’a presque jamais été une priorité pour les gouvernements italiens : politiques fiscales et création d’infrastructures en faveur des familles, allocations familiales, facilitation pour l’accès à la propriété des jeunes couples. Il s’agit de créer une mentalité « pro-famille » dans les politiques publiques. Une vision de long terme…

Enfin, sur le sujet de l’immigration, les décrets « sécurité et immigration » pris par Matteo Salvini lorsqu’il était ministre de l’Intérieur seront rétablis et les effectifs des forces de l’ordre augmentés. Les ambitions sont claires : « Défense des frontières nationales et européennes comme l’exige l’UE avec le nouveau pacte pour la migration et l’asile, avec contrôle aux frontières et blocage des débarquements », « stopper, en accord avec les autorités d’Afrique du Nord, la traite des êtres humains ». La coalition veut surtout la « création de hotspots dans les territoires extra-européens gérés par l’Union européenne pour évaluer les demandes d’asile », ce qui revient à étudier hors des frontières les demandes d’immigration, « la lutte contre la mafia et le terrorisme » et des « accords avec des pays étrangers pour que les prisonniers étrangers purgent leur peine dans leur pays d’origine ».

Du bon sens, un programme de réformes indispensables, cette droite classique mais qui s’assume annonce une véritable révolution !

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire