L’hôpital, nouvelle zone de non-droit ?, par Louis Marceau

hopitaux violences

La violence gagne les hôpitaux français, obligeant les établissements à prendre des mesures radicales. La réponse devra toutefois être politique.

L’information peut surprendre. A Limoges (Haute-Vienne) comme à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), les soignants reçoivent dorénavant des cours d’auto-défense, notamment de krav-maga, une méthode défensive de combat au corps à corps développée par l’armée israélienne et les services spéciaux israéliens.

La raison de ces formations ? Comme les rues, les transports en commun, les centres commerciaux et la plupart des lieux publics de France, les hôpitaux sont désormais régulièrement le théâtre de violences et les premières victimes ne sont autre que les soignants.

S’il faut simplement beaucoup de patience pour supporter les invectives ou les insultes d’un patient mécontent de son traitement, il faut au moins maîtriser un art martial pour parvenir à esquiver un coup de couteau.

Interruptions temporaires de travail (ITT), dépressions, démissions… Les conséquences de ces violences sont en tout cas dramatiques. Si les soignants acceptant de témoigner dans les médias restent encore très « pudiques », évoquant à demi-mot des drogués ou « des jeunes », quelques faits divers de ces dernières semaines nous en disent plus et nous apprennent que les soignants ne sont pas les seules cibles.

A Blois, une violente bagarre entre Turcs et Kurdes s’est achevée aux urgences de la ville. Une situation similaire s’était produite peu avant dans l’Essonne après des affrontements entre bandes rivales de Ris-Orangis et Grigny.

A Sète, une adolescente de 13 ans tabassée à la sortie du collège a ensuite été « intimidée » au sein même de l’hôpital où elle avait été envoyée par « des jeunes »
Les rapports terrifiants de l’Observatoire national des violences en milieu de santé

En 2020, l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) publiait un rapport alarmant. L’organisme annonçait avoir reçu pas moins de 26 060 signalements, dont une très large majorité (81 %) pour « atteintes à la personne ». Pire encore, ces chiffres ne concernaient que 7,8 % des hôpitaux du pays, les signalements n’étant pas obligatoires mais effectués par les établissements volontaires.

Sur son site internet, l’ONVS précise que « le nombre de signalements ne reflète pas la dangerosité d’un lieu de soins mais le nombre de fois où les professionnels ont estimé utile de faire un signalement. Ceci est très variable d’un établissement à l’autre, d’un service à l’autre au sein d’un même établissement, voire au sein d’un même service de soins, d’une année à l’autre. Ils ne prétendent pas à l’exhaustivité mais présentent les incidents que les services ont tenu à signaler. »

Le rapport de 2020 était tout de même déjà plus fourni que celui publié en 2019, avec 23 360 signalements recensés cette année-là.

Depuis, le Covid est passé par là et a nettement modifié l’activité des hôpitaux. Les chiffres de 2022, s’ils sont diffusés par l’ONVS, donneront une bonne indication de l’évolution du problème, le Covid ne paralysant plus autant le pays, même si l’on n’oubliera pas les milliers de soignants suspendus car n’étant pas vaccinés.

Notons enfin que d’après l’ONVS, les services les plus touchés par les violences sont la psychiatrie – sans surprise – et les urgences.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 24 mai 2022

3 Arguments à NE PLUS UTILISER en débat ! – par Thaïs d’Escufon

Thaïs d'Escufon

25/05/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Pour gagner la bataille des idées, la droite doit être capable de faire son auto-critique. Et notamment en débat, où notre famille politique se repose souvent sur des arguments faibles et peu convaincants.

Voici 3 arguments à ne plus utiliser pour devenir une véritable machine à persuader !


Nantes Révoltée, antifascistes lyonnais : les dissolutions asymétriques, par Clément Martin (Les Identitaires)

antifas

Le premier mandat d’Emmanuel Macron avait vu plusieurs vagues de dissolutions d’organisations politiques : la première les mouvements proches de la mouvance islamiste (Collectif contre l’islamophobie, Baraka City), la deuxième visait les groupes de droite (Génération Identitaire ou Alvarium) et la troisième des groupements antifas (Palestine vaincra, Groupement antifasciste Lyon et environs ainsi que le média Nantes révoltée). Des trois, seule la dernière peut se targuer de bénéficier de la mansuétude du gouvernement : alors que la dissolution de la GALE vient d’être suspendue[1], celle du média Nantes révoltée n’a même pas encore véritablement commencé[2].

La manufacture de l’indignation

Cette différence de traitement doit se comprendre à l’aune de la stratégie déployée par le macronisme (et par son intermédiaire Gérald Darmanin) : il s’agissait pour le gouvernement de dissoudre toutes les organisations politiques et militantes qui ne s’inscrivaient pas a priori dans le règne du bloc centriste. Accusés de « faire le jeu des extrêmes » ou de « mettre la République en danger », ces groupes sont ainsi mis dans le même sac. Les procédures de dissolution reviennent ainsi à mener une gigantesque opération de comm politique : séduire l’aile gauche de la macronie (très contente de la disparition de Génération Identitaire) en même temps que son aile droite (qui ne porte pas les mouvements antifas dans son cœur). Les dissolutions du CCIF et de Baraka City, quant à elles, satisfont finalement les deux ailes républicano-bourgeoisesn partisanes d’un « islam de France », théoriquement meilleur antidote contre l’islamisme.

On serait alors en droit de penser que ces trois catégories d’organisations dissoutes subiraient le même traitement. Ce serait oublier une donnée cruciale : l’hégémonie culturelle de la gauche, ou du moins ce qu’il en reste. Le gouvernement, malgré sa dérive autoritaire, continue de craindre la mauvaise presse. Or, seule la gauche a la capacité et la volonté de mener une campagne médiatique à l’encontre du gouvernement pour dénoncer des dissolutions excessives. La droite rechigne à la tâche, toujours paralysée par son souci de respectabilité, alors que la mouvance islamiste préfère avancer à visage à moitié couvert plutôt que de révéler ses desseins sur la place publique. Logiquement, l’État sera plus frileux pour aller jusqu’au bout de la dissolution d’organisations antifascistes : après tout, s’attaquer aux antifascistes ne revient-il pas à défendre le fascisme ? Et Dieu sait que cette insulte ridicule et galvaudée a encore beaucoup de pouvoir chez les invertébrés du gouvernement.

Les mains sales des bien-pensants

Une autre explication peut s’ajouter à la précédente. Dans le contexte actuel, il est intéressant pour le gouvernement de laisser ces groupements tranquilles. Déjà, parce que les forces de gauches de la NUPES sont en passe de constituer la première opposition parlementaire véritable à la macronie – il semble donc sage de ne pas surmobiliser les forces de gauche en leur fournissant des martyrs sur un plateau d’argent. On peut également conjecturer que l’État a observé que les dissolutions de mouvements de droite avaient encouragé un afflux de militants déterminés à rejoindre l’aventure politique d’Éric Zemmour. Selon la même logique, dissoudre des organisations de gauche pousseraient ses ex-militants à rejoindre une vague mélenchoniste déjà puissante.

N’oublions pas non plus que si les antifas ne sont certainement pas des loyalistes d’Emmanuel Macron, ils remplissent deux fonctions utiles au pouvoir en tant que militants de rue radicaux : intimidation des forces militantes de la vraie droite (les colleurs d’affiches de Génération Z et de Reconquête ! en ont fait les frais à de multiples reprises durant la campagne présidentielle) d’un côté et participation au cassage pendant les manifs de l’autre, ce qui solde par une décrédibilisation des revendications des citoyens mobilisés (comme pendant l’épisode des Gilets jaunes).

Sur le terrain électoral, le gouvernement craint surtout la résistance de la gauche. Mais sur le plan activiste, il est obnubilé par la menace militante que constitue la droite identitaire : il fallait abattre Génération Identitaire, afin que la nullité complice du gouvernement dans la catastrophe multiculturelle reste tue. Et il ne faut surtout pas toucher aux groupuscules gauchistes pour entretenir l’illusion du pluralisme politique.

Qu’on se le dise : l’État de droit dans la France du XXIe siècle n’est pas grand-chose de plus qu’un dispositif permettant à une faction politique au pouvoir de justifier des décisions idéologiques par le vernis du droit et du sérieux administratif. Mais le droit, comme tant d’autres domaines, n’est qu’un espace de plus au sein duquel s’exprime le combat politique. L’incapacité du gouvernement à lutter contre les organisations gauchistes radicales alors qu’elle fait preuve d’une dureté aveugle dans la répression des forces identitaires prouve une chose : les antifas demeurent (selon la phrase maintes fois répétée) les idiots utiles (de plus en plus utiles à mesure qu’ils deviennent de plus en plus idiots) du système.

[1] https://www.lyoncapitale.fr/actualite/le-conseil-detat-suspend-la-dissolution-du-gale-le-groupe-antifasciste-de-lyon
[2] http://www.preview-nantesre.nantes-revoltee.com/trois-semaines-apres-lannonce-de-dissolution-ou-en-sommes-nous/

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Un « woke » pour la tambouille macronienne – Nomination de Pap Ndiaye à l’Éducation nationale

Pap Ndiaye

La nomination de Pap Ndiaye au ministère de l’Education nationale vendredi dernier a été la seule grosse surprise de la composition du gouvernement Borne. C’est également celle qui a suscité le plus de réactions. Il est vrai que cet historien spécialiste des Etats-Unis, des minorités et des « discriminations », ancien directeur du musée de l’immigration, a un profil particulièrement « clivant », comme l’on dit désormais pour ne pas dire « polémique » ou « qui divise », ce qui serait trop péjoratif pour quelqu’un censé représenter l’ensemble de la nation. Ce choix est en tout cas clairement un revirement complet d’Emmanuel Macron qui a pourtant soutenu durant tout son premier mandat le « conservateur » Blanquer qui, s’il n’a pas réalisé de miracles ni révolutionné une Education nationale subclaquante, avait tout de même le mérite de se montrer relativement rétif aux plus excessifs des délires du progressisme « woke ». Cette volte-face s’explique sans doute très largement par la volonté du président de la République de donner des gages à la gauche et à l’extrême gauche dans l’optique des élections législatives. La bourgeoisie dite « conservatrice » lui étant désormais totalement acquise, démontrant par là que son attachement aux questions économiques et patrimoniales est supérieur à toute autre considération (GPA, avortement, souveraineté…), il s’agit désormais pour Emmanuel Macron de tenter de fragiliser la nouvelle coalition NUPES en attirant à lui les éléments les plus modérés de cette fragile association. Pap Ndiaye semble idéal pour atteindre cet objectif, suscitant l’admiration des indigénistes et antiracistes de tous poils et servant d’épouvantail à la droite nationale et identitaire. Le plan macronien semble d’ailleurs fonctionner, chacun y jouant parfaitement son rôle.

Ainsi Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, a-t-il qualifié de « beau symbole » l’entrée de l’historien au gouvernement, tandis que Jean-Luc Mélenchon lui-même, malgré son statut d’opposant numéro un au président de la République, a salué « l’audace » que représentait la nomination de ce « grand intellectuel ».

A l’inverse, les ténors de la droite nationale ont déjà commencé à tirer à boulets rouges sur le nouvel hôte de la rue de Grenelle. Marine Le Pen a notamment affirmé que « la nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé, à l’Education nationale, est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir ». Pour le président du RN Jordan Bardella, « Pap Ndiaye est un militant racialiste et anti-flics », tandis que pour Eric Zemmour c’est « un vrai intellectuel indigéniste, un vrai woke ». Si ces critiques semblent assez largement justifiées et que la personnalité et le parcours de Pap Ndiaye nourrissent de légitimes inquiétudes quant aux futures politiques éducatives, il convient toutefois de ne pas se focaliser excessivement et uniquement sur une ou deux personnalités mises volontairement en avant. C’est bien le macronisme « en bloc » qu’il faut combattre et pas seulement ses symboles les plus médiatiques du moment.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 23 mai 2022

Laurent Obertone : « L’État est une machine à corrompre ! » Anti-Woke #1

24/05/2022 – FRANCE (NOVOpress)
La nouvelle émission de Livre Noir qui va décrypter l’actualité avec un invité exceptionnel en la personne de Laurent Obertone.

Au programme l’élection présidentielle Française, le cas Eric Zemmour, le Burkini à Grenoble, l’insécurité, le rachat de Twitter par Elon Musk, le bras de fer Ron De Santis Vs Disney et l’attentat de Buffalo.


« Toute décision contraire à l’intérêt des générations futures est inconstitutionnelle ». Jacques Attali invente la présomption de nuisance

Jacques Attali

Jacques a dit « Il faut mettre dans la Constitution un article disant : toute décision contraire à l’intérêt des générations futures est inconstitutionnelle ». Cette petite phrase de Jacques Attali passée inaperçue, il y a quelques jours sur France 5 dans l’émission C ce soir, a pourtant le potentiel d’une bombe nucléaire sur nos libertés individuelles.

« La présomption de nuisance est peut-être née sous nos yeux » indique Grégory Roose sur son site. « Elle permettrait de frapper d’interdiction toute initiative législative suspectée de nuire au pouvoir et à sa vision de l’avenir. Si le pouvoir estime que l’immigration extra-européenne est indispensable au renouvellement des générations futures, toute tentative d’opposition juridique à cette immigration sera frappée du sceau de l’inconstitutionnalité, équivalent en République progressiste à une excommunication dans la France conservatrice du XIXe siècle. Le même sort sera réservé aux mesures contraires à l’écologie dogmatique, la vaccination obligatoire et aveugle contre le Covid-19, au féminisme misanthrope, au communautarisme sexuel LGBT², aux accords de libre-échange et pourquoi pas au libre-arbitre menacé par l’intelligence artificielle et les GAFAM ?

On connait l’influence que Jacques Attali exerce auprès des puissants. Depuis qu’il a conseillé François Mitterrand, il infuse ses idées dans le débat public, assidu visiteur du soir de tous les présidents de la République depuis 1981. En 2008, il remet à la demande de Sarkozy un rapport de 316 mesures, espèce d’évangile des « bonnes » réformes », qu’il ne nomme pas propositions, mais décisions. Cynisme ou réalisme ? De très nombreuses décisions ont déjà été appliquées par le pouvoir, depuis Sarkozy jusqu’à Macron et continueront de l’être »

Texte repris du site Breizh-info

Avant de donner un avenir à nos enfants, donner des enfants à notre avenir, par Jean-Frédéric Poisson

Jean-Frédéric Poisson

Le 5 mai dernier, un texte en projet de la Cour suprême des Etats-Unis (désormais majoritairement conservatrice) visant à renverser l’arrêt Roe vs Wade a été diffusé par Politico [1]. Cet arrêt, voté en 1973, établit une protection fédérale constitutionnelle au « droit à l’avortement », et fait depuis jurisprudence. Cette interprétation de la Constitution américaine est la seule base juridique fédérale sur l’avortement : le Congrès n’a jamais réussi à voter de loi régulant ou bannissant l’accès à l’avortement. Si le projet est mené à bout, on reviendra alors à la situation de 1973 où chaque Etat légiférait indépendamment sur ce sujet. Environ la moitié des Etats américains pourrait alors restreindre considérablement l’accès à l’avortement.

Sans s’immiscer dans une situation qui ne concerne pas notre pays, nous pouvons simplement remarquer que le débat autour de l’avortement est toujours présent de l’autre côté de l’Atlantique. Alors qu’en France, celui-ci ne porte que sur l’extension de l’avortement, et non pas sur l’acte en soi : dès que l’on questionne la valeur de cet acte, des hordes d’ayatollahs pour qui la liberté d’expression n’est plus qu’un vain mot s’attaquent violemment à celui qui a osé émettre une interrogation.

Au-delà de la question centrale du respect de la vie depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, l’avortement est un sujet de société qui a des conséquences importantes sur la vie du pays. Ainsi en France l’indice de fécondité est passé en-dessous du seuil de remplacement depuis 1975. Il y a eu en 2020 un avortement pour un peu plus de trois naissances. Cette faible natalité complique la question déjà assez complexe du financement des retraites, à laquelle aucun des gouvernements qui se sont succédés n’a trouvé de solution. La démographie est aussi un élément incontournable pour avoir un poids international et garder notre rang de puissance économique.

Certains, pour qui la seule fin de la société est la prospérité économique, voient dans l’immigration de masse la solution à cette faible natalité. Mais en plus de traiter l’être humain comme une simple variable, l’immigration de masse est destructrice pour les pays d’accueil comme pour les pays d’origine. Devant l’échec de l’intégration et de l’assimilation, cette « solution » ne peut plus être sérieusement considérée : être Français ne consiste pas à payer ses impôts, c’est avant tout être légataire d’un héritage qui s’impose à nous et que nous nous devons de respecter et transmettre. D’autant plus que l’immigration est utilisée par des ennemis de la France pour mener à bien la troisième vague d’expansion musulmane après celle des VIIe et VIIIe siècles et celle de l’Empire ottoman. Si la déclaration de Boumediene « le ventre de nos femmes nous donnera la victoire » n’est pas attestée, elle résume bien celle d’Erdogan à la diaspora turque le 17 mars 2017 : « J’en appelle à mes frères et sœurs en Europe. Ne faites pas trois, mais cinq enfants, car vous êtes l’avenir de l’Europe » [2].

Favoriser la natalité des Français est donc vital. Cela passe bien sûr par des avantages financiers importants pour les familles et liés au nombre d’enfants, mais aussi par une revalorisation du mariage, fondement de la famille. De plus, il faut faire de la baisse des plus de 200 000 avortements annuels un objectif de santé publique. L’avis des Français sur cette question semble assez tranché. Selon un sondage Ifop de 2020 [3], 73% pensent que « la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’Interruption Volontaire de Grossesse », et 84% sont favorables à « réintroduire dans le livret officiel d’informations remis aux femmes enceintes qui consultent en vue d’une IVG le détail des aides aux femmes enceintes et aux jeunes mères », comme cela était fait jusqu’en 2001.

Mais ces mesures de support à la natalité, si elles sont nécessaires, ne seront pas suffisantes. Le modèle capitaliste, consumériste et individualiste qui règne aujourd’hui, conduit à voir l’enfant comme un objet de désir d’abord vu sous un angle budgétaire : simple produit parmi d’autres, au coût relativement élevé. Il faut absolument reconsidérer l’enfant comme le fruit naturel de l’amour humain et comme un acteur indispensable de la chaîne de transmission entre les générations passées et les générations futures.

La réduction du nombre d’avortements comporte ainsi un double enjeu : enjeu démographique pour pouvoir continuer à exister, mais aussi enjeu de civilisation, car c’est à la façon dont les plus faibles et les plus fragiles sont traités qu’on reconnaît le degré d’humanité d’un peuple. Même les révolutionnaires sanguinaires de la Terreur qui guillotinaient à tout va, lorsqu’ils avaient un doute sur une possible grossesse, annulaient la condamnation de la mère pour ne pas tuer la vie naissante. C’est dire à quel point nous sommes tombés.

[1] « Supreme Court has voted to overturn abortion rights, draft opinion shows», Politico, le 05/08/2022
[2] «Three children not enough, have five: Erdoğan to Turks in EU», Hürriyet, le 17/03/2017
[3] « Les Français et l’IVG », sondage Ifop du 07/10/2020

Tribune reprise de Causeur

Viktor Orbán : « Cette décennie sera une ère de danger, d’incertitude et de guerre. »

Viktor Orbán

Découvrez des extraits – choisis et traduits par la rédaction du Visegrád Post – du discours d’investiture de Viktor Orbán pour son 5e mandat de Premier ministre hongrois.

Sans grande surprise suite aux élections législatives du 3 avril dernier qui avaient amené une nouvelle victoire électorale du Fidesz avec 54,1 % des voix et surtout 135 députés (sur 199), soit une nouvelle majorité des deux tiers pour le parti conservateur hongrois au pouvoir sans interruption depuis 2010, Viktor Orbán a été réélu, ce lundi 16 mai, pour un cinquième mandat de Premier ministre de la Hongrie par 133 voix contre 27.

Après le vote des députés qui lui ont accordé leur confiance pour la quatrième fois consécutive, Viktor Orbán s’est adressé, comme de coutume, au Parlement :

« Mes premiers mots sont des remerciements. Je remercie mes collègues députés pour leur soutien. Merci pour la confiance de l’électorat. J’ai été élu par les membres du Parlement, mais je n’oublierai pas que le mandat vient des électeurs, du peuple hongrois.

[…] Nos opposants ont fait en sorte que l’élection se déroule sous une surveillance internationale et nationale sans précédent. Tout le monde a pu constater que la Hongrie est un pays où il n’y a pas et où il ne peut y avoir de fraude électorale. Je remercie les militants de l’opposition pour leur travail de surveillance, qui a contribué à protéger la réputation de la Hongrie et la confiance du public dans la démocratie hongroise. […]

Après douze ans de gouvernement, nous avons obtenu la majorité absolue des voix. Je m’efforcerai de mériter cette énorme confiance, qui est sans précédent dans toute l’Europe.

L’occident est entré dans une ère de danger, d’incertitude et de guerre

[…] L’Europe, l’homme occidental, et avec lui la Hongrie, nous, le peuple hongrois, sommes entrés dans une ère de danger. Cette décennie sera une ère de danger, d’incertitude et de guerre. La décennie a commencé par l’épidémie de coronavirus et s’est poursuivie par la guerre. La guerre et la politique européenne de sanctions […] ont créé une crise énergétique. La crise énergétique et les hausses des taux d’intérêt américains se sont combinées pour donner naissance à une ère de forte inflation. Tout cela va entraîner une période de récession, de déclin économique, avec une alternance d’années de baisse, de stagnation et de performances économiques médiocres en Europe. […]

Le grand remplacement est un suicide pour l’Europe

Les migrations vers les pays riches vont s’intensifier telle une force tectonique. […] Je considère le grand programme européen d’échange de population, qui vise à remplacer les enfants chrétiens européens manquants par des adultes et des migrants d’autres civilisations, comme une […] tentative de suicide. […]

« Cette guerre n’aurait jamais dû commencer »

La guerre russo-ukrainienne en est à son quatre-vingt-deuxième jour. Cette guerre n’aurait jamais dû commencer.

[…] Aujourd’hui, l’Europe n’a aucun moyen de gérer le conflit dans son voisinage. Faute de force et de moyens, les dirigeants du continent sont convaincus que les sanctions européennes peuvent mettre la Russie à genoux. C’est possible sur le papier, et de nombreux politiciens sur papier brandissent une sorte de preuve théorique. Mais j’ai beau essayer de me souvenir, je ne peux penser à aucun blocus continental qui ait été efficace. […]

La Hongrie ne bloquera pas les sanctions dans l’intérêt de l’unité européenne, tant qu’elles ne franchissent pas la ligne rouge de l’autodéfense de l’économie hongroise, c’est-à-dire tant qu’elles ne menacent pas la sécurité énergétique de la Hongrie.

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De quoi la démission de Fabrice Leggeri (Frontex) est-elle le nom ?

frontex

C’est au terme de trois ans d’affrontements que la Commission européenne, par l’entremise de son Office européen de lutte antifraude (Olaf), aura réussi à avoir la tête Fabrice Leggeri, directeur exécutif de Frontex. Accusé, entre autres, d’avoir couvert des refoulements par les autorités grecques, le haut-fonctionnaire français aura résisté jusqu’au bout à une cabale menée contre lui par la branche immigrationniste européenne.

Alors que cette agence était censée permettre à l’Europe la défense de ses frontières extérieures, cette campagne médiatique contre l’ancien directeur est un signal fort concernant l’idéologie dominante à Bruxelles. Il est dorénavant clair que l’UE joue contre les Européens autochtones, contre leurs identités propres et contre les frontières garantes de leur sécurité et de leur liberté.

Dirigé en partie par des ONG et une partie de la Commission européenne, ce rapport à charge – proprement politique – aura été une véritable entreprise de sabotage contre, comme l’a souligné Nicolas Bay, « l’un des derniers éléments permettant de penser une Europe puissance : la défense de ses frontières extérieures ».

Frontex : la cible à abattre

Repensée à la suite de la crise migratoire de 2015, Frontex fut redéployée comme l’agence des gardes-frontières et garde-côtes de l’Europe. L’agence s’inscrivait dans la continuité du code des frontières de Schengen qui obligeait les États à prévenir le franchissement illégal de frontière en dehors des points de passages officiels. Voilà pour la doctrine. Si jamais elle doit entrer en contradiction avec la convention de Genève, qui interdit de refouler tout migrant menacé dans son pays, c’est à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de trancher. Celle-ci aura pourtant donné raison à l’Espagne, dans un arrêt du 13 février 2020, puis à la Macédoine du Nord dans des cas relatifs à des clandestins. Jurisprudences dont Fabrice Leggeri se servira, sans avoir gain de cause, pour sa défense.

La Commission européenne étant la « gardienne des traités », sa non-clarification sur ce problème de droit confirme la direction « pro-immigration » choisie par l’UE. Alors qu’en janvier dernier seize ministres de l’Intérieur demandaient, dans une déclaration commune lors d’un sommet en Lituanie, la création de clôtures aux frontières extérieures, la Commission européenne et Ursula von der Leyen refusèrent cette demande.

Le devenir de Frontex est donc celui, non pas d’une agence de protection des citoyens européens, mais bien d’une ONG accompagnatrice des migrants vers l’Europe. Au lieu d’être le rempart de protection de la souveraineté, de la libre détermination et de la continuité historique des nations, l’agence se pensera dorénavant comme la protectrice du droit des clandestins dont elle fera sa « priorité absolue ».

La réalité démographique de l’Europe

Depuis son passage en 2004 de 15 à 25 pays, l’UE se constitua en géant démographique derrière la Chine et l’Inde, mais devant les États-Unis. Ce poids démographique ne doit cependant pas cacher une triste réalité : l’Europe possède la population la plus âgée du monde, et n’est donc qu’un colosse aux pieds « séniles ».

Pendant que la pyramide des âges accentue chaque année son inversion, ce processus d’implosion démographique progresse sans que les responsables politiques ne daignent s’activer pour enrayer cette catastrophe. Plus grave, en raison de l’effondrement de la fécondité, certains pays de l’UE ont cessé d’assurer le remplacement des générations entraînant une chute de la part des moins de 20 ans dans la population et une augmentation de la part des séniors.

Depuis 1997, l’Europe est désormais moins peuplée que l’Afrique. Certains pays comme l’Allemagne connaissent même des taux d’accroissement naturels négatifs. Confrontée à ce contexte d’inversion des pyramides des âges et de déclin des populations de l’Europe, l’UE décida, et le cas Frontex en est le parfait exemple, que pour remplacer ces générations les pays européens deviendraient des pays d’immigration.

Déstabilisées par les multiples conflits et attirées par l’Europe et ses richesses, les jeunes populations d’Afrique et des Proche et Moyen-Orient, alors en vive croissance démographique et stagnation économique, devinrent les parfaits candidats à cet appel lancé par l’UE.

Une logique immigrationniste assumée

Ces immigrés étant considérés comme des facteurs de production et de consommation nécessaires à l’Europe, l’UE feint de combattre les filières de trafiquants et procède à des régularisations périodiques pour ces immigrants illégaux. Ayant fait le choix de l’immigration au lieu de la promotion de politiques natalistes pour les populations autochtones, le maintien des flux d’immigration est devenu une nécessité vitale pour l’UE.

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Idéologie woke: la popularité de Disney chute de 77% à 33% après les déclarations de sa dirigeante souhaitant 50% de personnages LGBT ou racisés, selon un sondage

L’incroyable fourre-tout gauchiste – Programme commun de la NUPES

Mélenchon Marseille

Le problème avec les « unions » en politique, c’est qu’il faut contenter tout le monde, faire plaisir à tous les membres de la grande famille difficilement réunie, donner des « gages », petits ou grands, aux uns et aux autres… Résultat, on se voit finalement obligé de produire en vue des élections un programme torrentiel dont pas un électeur sur cent ne viendra à bout de la lecture. C’est ainsi que la NUPES a présenté jeudi son programme commun de plus de 650 propositions pour les législatives. Un chiffre qui donne le vertige et renoue avec la vieille tradition gauchiste des interminables « résolutions » concluant les AG et se promettant de changer le monde.

Dans cette véritable avalanche de propositions, véritable inventaire à la Prévert de toutes les marottes, parfois contradictoires, de la gauche, on trouve évidemment un peu de tout, de l’incontournable « lutte contre le racisme et l’antisémitisme » à l’indispensable « refus de l’attribution du titre de chanoine de Latran au président de la République » en passant par la cruciale « interdiction de la présence aux cérémonies religieuses de ministres, préfets et maires dans l’exercice de leurs fonctions » ou la non moins fondamentale « transformation des gardes champêtres en gardes environnementaux ». Si toutes les idées évoquées ne sont pas dénuées d’intérêt – sur une telle masse, ce serait désespérant ! –, notamment en matière d’écologie et de protectionnisme économique, il ressort néanmoins de ce « socle » gigantesque à la fois un sentiment de grande dispersion, d’absence de hiérarchisation des problématiques et surtout de fort tiraillement entre des options idéologiques passablement opposées, en premier lieu sur l’Europe ou le nucléaire. En gros, s’ils s’accordent sur les détails sociaux ou sociétaux, les néo-alliés restent divisés sur nombre d’options pourtant fondamentales. Ainsi si LFI est favorable à la sortie de l’OTAN, le parti socialiste y est opposé, quant à l’Union européenne « aucune vision ne s’est imposée aux autres ». On verra donc plus tard…

Lors de la conférence de presse de présentation de cet interminable pensum, Jean-Luc Mélenchon a donc fort bien fait de préciser qu’il ne s’agissait « pas d’aboutir à une fusion idéologique ». C’est le moins que l’on puisse dire tant les divergences semblent nombreuses. Le communiste Ian Brossat a d’ailleurs rappelé que « si demain nous avons des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, ils défendront leurs convictions » notamment sur la filière nucléaire que le parti continue à défendre contrairement aux autres membres de la coalition. Ce rappel semble clairement signifier que l’union n’a qu’une vocation électoraliste, chacun retrouvant son autonomie de décision et son propre programme au lendemain du scrutin.

Bien évidemment, il est hélas presque inutile de le préciser, en matière d’immigration et de sécurité, c’est toujours la même vision angélique et laxiste qui prévaut, celle qui a mené notre pays au bord du chaos et avec laquelle il serait urgent de rompre radicalement si le sort des Français autochtones intéressait encore ne serait-ce qu’un peu ces beaux messieurs (et dames bien sûr, et autres également, pas de discrimination de genre…).

En bref, beaucoup d’articles pour pas grand-chose et rien de très nouveau sous le soleil des utopies gauchistes.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 20 mai 2022

Gouvernement : la fine équipe ?

gouvernement macron

On ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron se sera précipité pour que soit formé le nouveau gouvernement. Sa réélection remonte à pratiquement quatre semaines et son second mandat a commencé officiellement samedi dernier. L’art de faire durer le plaisir et de gagner du temps avant les élections législatives, cette formalité administrative barbante à laquelle il faut encore se soumettre avant de reprendre les affaires sérieuses. En déplacement aux Mureaux, ce jeudi 19 mai, le nouveau Premier ministre, Élisabeth Borne, se payait même le luxe de se moquer du monde en déclarant, aux journalistes qui l’interpellaient : « On veut la meilleure équipe, ne vous impatientez pas… On y travaille [en se rendant « sur le terrain » ?] et vous verrez ! On ne va pas se mettre la pression. » C’est vrai, ça, la France a tout son temps. Mais on se demande ce qu’a fait tout ce beau monde, depuis le 24 avril ?

Mais c’est fait. Enfin. Le secrétaire général de la présidence, Alexis Kohler, celui qui gouverne en vrai la France en binôme avec Emmanuel Macron, est apparu sur le perron de l’Élysée, selon la tradition, pour annoncer la liste des ministres. La cérémonie est moins palpitante qu’autrefois à cause des réseaux sociaux qui font tourner depuis plusieurs jours les noms et les têtes, tout du moins pour ceux qui s’intéressent encore à la politique dans ce pays. Évidemment, ce gouvernement Borne 1 – car il y aura probablement un Borne 2 après les législatives – répond à tous les labels de qualité exigés de nos jours : parité quasi parfaite, contrôle des patrimoines et des déclarations fiscales, écoresponsabilité, Europe à tous les étages et jeunesse, parce que la jeunesse, c’est important. Soulignons que la liste des éconduits ou des non-retenus est tout aussi intéressante que celle des nominés.

Ainsi, Jean-Yves Le Drian quitte le gouvernement après dix ans sans interruption à la tête de deux ministères régaliens : la Défense sous Hollande, les Affaires étrangères sous Macron. Présenté comme un poids lourd de la politique, on retiendra que c’est sous son ministère que le Quai d’Orsay est devenu le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères : un symbole ! Que l’influence de la France n’a cessé de reculer en Afrique : une réalité ! Pour lui succéder, Catherine Colonna, cette inconnue du grand public, ministre délégué aux Affaires européennes dans le gouvernement Villepin de 2005 à 2007, coche pas mal de cases du cahier des charges : une femme au Quai d’Orsay (la deuxième de l’Histoire après Michèle Alliot-Marie), une des rares femmes à avoir été élevées à la dignité d’ambassadrice de France et, actuellement, ambassadrice de France au Royaume-Uni. Une désignation qui vise probablement à essayer de raccrocher la barque anglaise au paquebot européen. L’Europe dans le viseur.

Autre éconduit, Jean-Michel Blanquer. Le mouton à cinq pattes du début du premier quinquennat Macron, présenté comme une sorte de Jules Ferry du nouveau monde, est donc remercié. Est-ce sa défense d’une laïcité de stricte observance et son combat contre le wokisme qui lui auront coûté son licenciement ? En tout cas, la nomination de Pap Ndiaye pour lui succéder est un message clair et net : ce normalien et agrégé est actuellement directeur du musée de l’Histoire de l’immigration. En 2005, lorsque fut créé le Conseil représentatif des associations noires (CRAN), il intégra son conseil scientifique. Ceux qui attendaient que l’on enseigne « Nos ancêtres les Gaulois » pour « faire nation » seront servis.

Outre la nomination de Colonna et Ndiaye et la promotion de personnalités comme Amélie de Montchalin, nommée à la Transition écologique et à la Cohésion des territoires, ou Sébastien Lecornu, aux Armées, pas d’autres grandes surprises. Si, peut-être, le nouveau ministre de la Culture Rima Abdul-Malak qui, elle aussi, coche toutes les cases, voire plus. On retiendra surtout qu’Emmanuel Macron a puisé dans sa garde rapprochée pour trouver un ministre de la Culture, puisqu’elle était jusqu’à présent conseillère Culture à l’Élysée. Roselyne Bachelot va donc pouvoir poursuivre sa retraite, depuis longtemps bien méritée, sous d’autres cieux. Peut-être un retour aux « Grosses Têtes » de Ruquier ?

Sinon, pour le reste, pas grand-chose de nouveau. Le Maire et Darmanin restent à leur poste en piliers du dispositif macronien, respectivement numéros deux et trois dans l’ordre protocolaire du gouvernement. Un premier clin d’œil, tout de même, avec le transfert de Véran aux Relations avec le Parlement. Les députés se souviendront peut-être du jour où il avait littéralement « pété les plombs » en demandant aux députés qui le chahutaient de sortir de l’Hémicycle… Autre clin d’œil encore – d’aucuns diront bras d’honneur : malgré sa mise en examen, Éric Dupond-Moretti reste à la Chancellerie. Comme dans toute tragédie – ou comédie -, il faut un traître : il a pour nom Damien Abad, ministre des Solidarités, qui, à la veille de sa nomination, se désolidarisait des prises de position des LR, son parti d’origine qui n’en finit pas d’agoniser. Enfin, un tout dernier clin d’œil : on note l’absence remarquée de Christophe Castaner dans cette fine équipe.

Georges Michel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Multiculturalisme, décolonialisme, racisme structurel: ces querelles que réveille la nomination de Pap Ndiaye

Pas de procès aux assises pour les assassins de Philippe Monguillot

Philippe Monguillot

Dans notre France abandonnée par ses élites gouvernantes à la pire sauvagerie, il ne s’écoule pratiquement plus une journée sans que celle que l’on hésite à nommer encore la « justice » ne nous apporte une preuve supplémentaire de son insupportable laxisme. Mardi encore, on apprenait ainsi que le juge d’instruction chargé du dossier du meurtre du chauffeur de bus Philippe Monguillot à Bayonne en 2020 avait tranquillement décidé de requalifier les poursuites engagées contre les deux principaux auteurs de ce lynchage à mort, permettant ainsi à ces derniers d’échapper à un procès aux assises et donc à une éventuelle condamnation à la prison à perpétuité. Une décision profondément révoltante au vu de l’extrême gravité des faits, et qui nous pousse à nous poser cette question : pendant combien de temps encore pourrons-nous tolérer que les juges encouragent ainsi le crime dans notre pays sans qu’on les oblige à rendre des comptes ?

Lynché à mort par des voyous ethniques

Rappelons d’abord les faits : le 5 juillet 2020, en début de soirée, le chauffeur de bus bayonnais Philippe Monguillot était sauvagement agressé par deux passagers, alors qu’il souhaitait contrôler leur titre de transport. Après l’avoir dans un premier temps copieusement tabassé à l’intérieur du bus, les deux barbares d’importation traînaient leur victime à l’extérieur du véhicule et se mettaient alors à la rouer de coups jusqu’à ce que celle-ci s’effondre sur le sol et soit atteinte d’une fracture du crâne ainsi que d’une hémorragie. Transporté en urgence à l’hôpital de Bayonne, Philippe Monguillot, après cinq jours de soins intensifs, devait malheureusement succomber à ses blessures.

La justice insulte les proches de la victime

On se souvient qu’à l’époque ce meurtre ignoble n’avait pas manqué de susciter l’indignation du pouvoir en place qui, suivant son habitude, s’était engagé à ce que ses auteurs soient sévèrement punis. Or, coup de théâtre mardi : alors qu’en avril dernier le parquet de Bayonne avait encore demandé le renvoi aux assises pour homicide volontaire aggravé, le juge d’instruction chargé du dossier requalifiait les poursuites en « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Une requalification qui, précisons-le, permettrait aux deux meurtriers de comparaître devant une simple cour criminelle, donc sans jurés populaires, et avec la possibilité d’écoper au maximum de… vingt ans de réclusion ! Autant dire que, grâce à ce juge, les criminels viennent de remporter une grande victoire… Mais il y a peut-être plus scandaleux encore : en prenant cette décision, le juge d’instruction a en outre insulté les proches de la victime. Ainsi, interrogée par Le Figaro, Véronique Monguillot, veuve de la victime et mère de famille, ne cachait pas mercredi sa souffrance et sa peine. Profondément indignée, elle en appelait même désespérément au gouvernement nommé cette semaine, en rappelant que « les ministres avaient parlé d’un crime abject, avaient dit qu’il fallait punir sévèrement les auteurs », et puis… rien ! Aussi, ajoutait-elle, « il faut que le gouvernement agisse ! »

Franck Delétraz

Article paru dans Présent daté du 19 mai 2022